Gili Trawangan

une île à usage unique

Ce titre vous intrigue ? C’est effectivement le but recherché : nous vous invitons donc à poursuivre votre lecture.

Les Gilis sont un groupement de trois îles au nord de Lombok, à 1h30 de bateau rapide de Bali. Gili Trawagan, Gili Meno et Gili Air : les avis sont variés et partagés sur ces trois îles, ce qui rend le choix pour le voyageur assez difficile.

Gili Meno est la plus petite des trois îles et est réputée pour son calme. Gili Air est quant à elle appréciée des familles. Nous avons passé trois jours sur la plus vaste d’entre elles : Gili Trawagan, Gili T pour les intimes. Réputée pour être plus dévelopée que ses consœurs et très [trop] animée, nous avons décidé d’y faire une escale durant ce voyage autour du monde car nous en avions gardé un très bon souvenir lors de notre dernier passage en janvier 2015.

Face à la réalité

Lorsque nous l’avions quittée, deux ans et demi auparavant, nous avions laissé derrière nous une île charmante, bien que de nombreux hôtels et restaurants y soient déjà construits : cependant, ces derniers n’occupaient qu’une quarantaine de pourcent des côtes de l’île. Nous avions pris plaisir à lézarder sur ses plages de sable fin et à faire le tour de l’île en vélo dans une végétation dense et préservée. Il y avait enfin une atmosphère agréable et nous aimions manger les pieds dans le sable, presque seuls au monde. Mais ça, c’était avant ! Avant quoi ? Avant que la capacité d’hébergement se démultiplie pour accueillir toujours plus de touristes. Avant que la préservation de l’île, de sa faune et de sa flore, ne semble plus être une priorité ni pour les autorités, ni même pour les locaux ou les visiteurs qui se complaisent dans cet environnement.

Nous étions conscients que Gili Trawangan aurait changé en deux ans et demi. Cependant : le savoir, est une chose, le voir en est une autre ! Lorsque nous avons fait le tour de l’île le premier jour, nous sommes restés sans voix, comme abasourdis par ce que nous observions autour de nous. Nous sommes heureux d’y être revenus mais il est certain que si cela avait été notre première fois sur l’île, nous l’aurions eu en horreur !

Une simple expérience

Nous avons donc décidé de réaliser une petite expérience qui s’est révélée être une réelle chasse au trésor. Nous avons sorti de nos albums quelques photos de Gili Trawagan prises il y a deux ans et demi et avons pris le pari de retrouver chaque emplacement afin de réaliser la même photo. L’emplacement exact, avec le même angle.

Ainsi, nous avons observé que le centre de l’île n’a que très peu changé, les chemins ne sont toujours pas bétonnés et les calèches et les vélos sont encore les seuls à y circuler, sans aucun véhicule motorisé.

Le village n’a que peu changé, il s’est seulement étendu. Toutefois, toutes les constructions sur sa plage ont dû être détruites sur ordre du gouvernement.

Les plages ont complètement changé. Il est aujourd’hui difficile de s’y installer avec sa serviette car elles ont été privatisées par les bars et les restaurants.

Le long de cette plage au nord de l’île, des blocs de béton entourent maintenant les arbres.

À l’ouest de l’île, on pouvait encore trouver des endroits vierges de toute construction, laissant place à un écrin de verdure, loin du village qui se concentrait autour de la jetée. Aux alentours de l’hôtel Ombak Sunset, il n’y avait rien et la végétation était reine. Aujourd’hui, le complexe hôtelier s’est développé et son extension a nécessité quelques aménagements.

Cette dernière série de photos est celle qui nous a fait le plus de peine. Nous avons eu d’ailleurs beaucoup de difficulté à retrouver l’endroit précis, tant nous avons l’impression qu’il s’agit de lieux complètement différents. La végétation de l’ouest de l’île a été en grande partie rasée.

L’incompréhension

Le changement le plus flagrant vient du plan d’urbanisme désastreux mis en place. Il a ravagé le littoral qui est à présent à 90% construit. Nous avons le sentiment de nous retrouver dans un décor de parc d’attraction : faux et inauthentique. En deux ans et demi, certains hébergements touristiques ont eu le temps d’être construits, laissés à l’abandon, tagués et mis en vente. Nombreux sont les chantiers en cours : un hôtel cinq étoiles est d’ailleurs en train de sortir de terre. Il y a aussi ces multiples projets débutés puis laissés à l’abandon, dont les fondations sont à l’air libre.

Oui, il existe encore des parcelles non construites, elles arborent d’ailleurs fièrement des panneaux « Sale, perfect emplacement for Villa or Hotel » [« À vendre, emplacement parfait pour villa ou hôtel »], mais ces espaces servent de décharge à ciel ouvert où les déchets s’amoncellent.

Nous avons souvent entendu les gens autour de nous s’extasier devant la couleur du ciel, la beauté de l’eau et chaque fois nous nous demandions comment ils faisaient pour ne pas voir le désastre autour d’eux ! Ne pas voir qu’ils étaient allongés sur le sable et que les cadavres de bouteilles, les sachets de chips entouraient leurs serviettes de plage ; ne pas voir qu’ils étaient en train de dîner à quelques mètres d’un tas d’immondis. Ne pas voir que la folie touristique est en train de détruire cette destination au prétexte de satisfaire son envie et besoin de consommation de masse.

Nous aimons croire que l’Homme est encore capable de réagir mais vraisemblablement, il est déjà trop tard pour Gili Trawangan. L’île a entamé un processus quasi irréversible. Lorsque celle-ci sera jugée comme trop détériorée, le développement touristique recommencera ailleurs, à l’identique. Combien d’endroits dans le monde devrons-nous encore détruire pour que les comportements de voyage évoluent dans le bon sens ?

Aller de l’avant

Au travers de cet article, nous ne prétendons pas changer le monde. Nous souhaitons seulement partager une réalité qui nous a donné à réfléchir sur notre propre impact en tant que voyageurs autour du monde. Nous trouvons qu’il est inutile de dénoncer uniquement un problème, cela ne fait pas avancer les choses. Nous avons donc essayé de réfléchir à des solutions réalisables et peu coûteuses en termes de temps et d’énergie pour un vacancier.

Boire une bière sur la plage c’est super : pourquoi ne pas emporter ses cadavres avec soi pour les jeter à l’endroit approprié ?
Manger des produits qui sont transportés d’un bout à l’autre du monde : pourquoi ne pas manger local et profiter de saveur aussi intenses que nouvelles ?
« Tiens, il y a un tas de déchets ici, pourquoi ne pas y mettre les miens aussi ? » : pourquoi ne pas repérer les poubelles souvent mises à disposition mais laissées vides ?
La lumière tamisée en fin de soirée, c’est agréable : pourquoi ne pas éteindre les lumières inutiles dans sa chambre ?
Prendre deux douches par jour avant la plage, après la plage : pourquoi ne pas se contenter d’une seule après la plage ?
Je n’aime pas avoir chaud dans ma chambre d’hôtel : pourquoi ne pas couper la climatisation lors de son absence ?
Il n’y a que quelques kilomètres pour rejoindre sa destination : pourquoi ne pas marcher plutôt que de prendre un taxi ? Et en plus, c’est bon pour la santé !

Cet article est comme une bouteille jetée à la mer et nous espérons qu’il atteindra sa destination. Il suffit parfois de quelques petits gestes pour préserver ce que nous avons de plus précieux ! Et n’allez pas croire que nous souhaitons donner la leçon : nous sommes les premiers à parfois oublier les conseils prodigués ci-dessus. C’est pourquoi un petit rappel par les faits de temps en temps ne fait de mal à personne !

en un clin d’oeil…

Où dormir ?

BLACK & WHITE COTTAGES

Pas de classement sur tripadvisor

25 € la nuit en chambre double avec salle de bain privative et petits-déjeuners inclus. Très calme !

Lien Booking

Où manger ?

Nous avons aimé manger les pieds dans le sable dans le centre du village au sud-est de l’île. Il est possible d’y trouver des spécialités diverses et variées de toutes les cuisines du monde. Comptez 35,000 IDR pour un Nasi Goreng et 40,000 IDR pour une bière.

Comment s'occuper ?

Deux à trois jours suffisent largement pour un séjour sur l’île de Gili Trawangan. Nous n’avons pas mis les pieds ni sur Meno ni sur Air, mais vous recommandons tout de même d’y jeter votre dévolu.

Combien ça coûte ?

Senggigi → Gili Trawangan : 60,000 IDR
Gili Trawangan → Bali : 350,000 IDR

Ce trajet peut être négocié facilement à 300,000 IDR. Ne faites pas comme nous, achetez votre ticket sur l’île et non sur Lombok.

By |2017-10-01T17:52:35+00:0021 septembre 2017|Indonésie|

3 Comments

  1. NikiNslr 22 septembre 2017 at 10 h 20 min - Reply

    Cet article me rappelle beaucoup mes cours de Sustainable Tourisme à l’ISTI!! ou est le coté éthique du tourisme dans ces destinations où la population locale ne récupère que la m***e de grands groupes occidentaux ou asiatiques…
    Ce qui est le plus dommageable dans l’histoire, c’est que nous avons été spectateur de catastrophes naturelles horribles dans des endroits similaires, dues au non-respect humain de la nature…

    En revanche, pas obligé de partir si loin pour s’apercevoir du débat du tourisme de masse, en France, sur la cote ouest, encore « préservée » jusque là, on commence à voir des changements pas très positifs depuis que le surf est à la mode…

    Heureusement que certains endroits sont encore préservés et que certaines personnes se sentent concernées!!!

    Merci de nous faire voyager avec vous!!!
    Have Fun!!

  2. Ben & Marion 22 septembre 2017 at 12 h 21 min - Reply

    Effectivement pas besoin de partir si loin ! J’ai la faiblesse de croire qu’il y a cependant une petite prise de conscience en Europe : malheureusement pour l’Asie du Sud-Est, celle-ci est anihilée par l’essor économique et les retombées qu’il provoque.

    Le surf s’est aussi découvert de très nombreux fans dans le sud de Lombok, vers Kuta. L’ancien petit village est en cours de mutation et ce n’est pas joli joli à voir.

    Bientôt il faudra uniquement miser sur les destinations exclusives et hors de prix pour obtenir une expérience locale et responsable. Triste avenir que l’ultra démocratisation du tourime…

  3. Nico 5 janvier 2018 at 20 h 07 min - Reply

    Comme BALI, Comme ROATAN aux Honduras (mer de plastique)

    https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/video-une-ile-poubelle-formee-de-detritus-en-plastique-filmee-au-large-du-honduras_2459770.html

    Combien d’endroits dans le monde devrons-nous encore détruire pour que les comportements de voyage évoluent dans le bon sens => le processus est irréversible et les réseaux sociaux et blogs de voyage ne parlent jamais de la face sombre du tourisme de masse.

    La clientèle de ces îles (ou rien n’est recyclé) souhaite juste sa bière et du soleil…

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