Jaisalmer

aux portes du désert

Jour 1 : mardi 2 mai 2017

Arrivée à Jaisalmer

7.3 km

La nuit à bord du train nous amenant de Dehli à Jaisalmer ne fût pas des plus reposantes : le minimalisme et la proximité des couchettes expliquent sûrement cela. En effet, le train fait de nombreux arrêts pour que les voyageurs montent et descendent à toute heure du jour et de la nuit : certains faisant preuve de plus de discrétion que d’autres…

Plus nous approchons de la destination finale et plus notre wagon se vide, petit à petit : nous entrons finalement en gare après 18 heures de voyage et seulement 20 minutes de retard. Même si ce trajet nous a semblé rapide [le sommeil ayant aidé], nous sommes courbaturés et décidons de quitter la gare pour rejoindre notre hôtel à pied, afin de nous dégourdir les jambes. La différence entre la climatisation du train et la température extérieure est flagrante et nous sentons qu’elle est nettement plus élevée que lors de nos précédentes étapes. Nous sommes sans cesse sollicités par les conducteurs de rickshaws qui ne comprennent pas que nous voulons simplement marcher !

Nous avions réservé au « Panda Orange Backpackers Hostel » mais les habitants du quartier nous informent que celui-ci est fermé. Ils nous envoient vers le « Shahi Palace », second hôtel du même propriétaire. Pour commencer, nous organisons notre trek dans le désert ainsi que notre prochain trajet en bus.

En milieu d’après-midi, nous rejoignons le fort de Jaisalmer, classé également au patrimoine mondial de l’UNESCO. Appelé le « Golden Fort » [fort doré], il est construit en pierres de couleur sable. Cette cité fortifiée de 5 kilomètres de long a été construite en 1156.

Nous nous promenons dans ses ruelles étroites où les mobylettes ont de la difficulté à circuler : les vaches se promènent quant à elles en liberté et les chiens cherchent à tout prix un peu d’ombre. Les rues sont désertes mais nous croisons quelques habitants ravis d’échanger quelques mots. Tous nous demandent si nous apprécions Jaisalmer : nous aimons beaucoup l’atmosphère pittoresque.

Nous sommes au cœur du Rajasthan, aux portes du désert du Thar, à seulement 100 kilomètres de la frontière avec le Pakistan. A 916 kilomètres de Delhi, la vie est complètement différente et les paysages impressionnants : cinq points de vue depuis les tours du fort permettent d’admirer la ville en hauteur et les portes du désert.

De nombreux restaurants jouissent de rooftop [terrasse sur les toits en plein air] où il est très agréable de prendre un verre ou de dîner. Nous en faisons l’expérience au Shahi Palace avec une bière Kingsfisher. Pas de coucher de soleil pour nous ce soir car le ciel était nuageux et poussiéreux. Toutefois, à la tombée de la nuit, le fort s’illumine…

Jour 2 : mercredi 3 mai 2017

Temples Jain et safari dans le désert

13.6 km

Après un petit-déjeuner en rooftop, nous visitons les sept temples Jains situés dans l’enceinte du Fort. Il est demandé aux touristes un droit d’entrée de 200 roupies par personne [le droit d’entrée pour l’appareil photo ne nous a pas été demandé bien que celui-ci soit affiché explicitement]. Ce ticket permet d’accéder à l’ensemble des temples dont la visite vaut vraiment le détour. Ces derniers sont tout à fait différents du temple Jain que nous avions vu à Mumbai : plus modérés en couleurs. Datant d’entre le 12ème et 15ème siècle, ils ne sont ouverts au public qu’en fin de matinée. Attention toutefois, les horaires ont l’air de varier d’un jour à l’autre.

Le seul point désagréable que nous notons est la demande constante des gardiens des temples pour un pourboire : leur gentillesse est conditionnée à son obtention. À la sortie encore, il est réclamé un pourboire pour la surveillance des chaussures qu’il est interdit de conserver à l’intérieur des temples.

Entre 12h00 et 15h00, il faut être très résistant à la chaleur [près de 50 degrés]. Nous en profitons donc pour nous préparer au safari dans le désert du Thar que nous avons prévu. En effet, c’est cette activité qui justifie notre présence à Jaisalmer et le départ est prévu à 15h00 en jeep pour la visite de quatre sites.

Le premier est le site de Bada Bagh [150 roupies l’entrée, 100 roupies pour un appareil photo], signifiant « grand jardin », et situé à 6 kilomètres de la ville. Il s’agit d’un ensemble de cénotaphes [monuments élevés à la mémoire des morts et ne contenant pas leurs restes] construit à la mémoire des maharajas de Jaisalmer.

Le second est appelé « village vide de Kuldhara » [droit d’entrée de 10 roupies]. Ce village a été complètement abandonné par ses habitants au début du 19ème siècle pour des raisons diverses et variées : notre chauffeur nous racontera une belle histoire de mariage entre différentes castes n’ayant pas été accepté, et ayant eu pour conséquence la colère du prétendant qui entraîna la fuite des habitants du village. D’autres parlent de faits paranormaux ou encore de manque d’eau dans le village… En tout cas, c’est un lieu qui attire du monde car les quelques derniers habitants, qui vivent de ce commerce, ont commencé la construction d’un nouveau parking.

Les deux derniers « sites », une oasis presque à sec et le village de Barna, n’ont que très peu d’intérêt. Au moins, nous sommes certains qu’il s’agit bien d’une oasis car un troupeau de vache vient s’y désaltérer : ils n’auraient tout de même pas commandé les vaches !? C’est au village que nous rencontrons notre chamelier, dénommé Harkha Ram, et découvrons notre caravane de sept dromadaires dont le leader s’appelle « Papu ». S’ensuit une trentaine de minutes de promenade à travers le désert, si sec et si inhospitalier. Rien n’y pousse hormis quelques cactus et buissons : néanmoins, l’espace est rentabilisé avec l’installation massive d’éoliennes et de lignes électriques. D’ailleurs, bien qu’ils constituent une pollution visuelle discutable, la pollution sonore est complètement absente, hormis un léger ronronnement en tendant l’oreille.

Au détour d’un chemin, nous apercevons enfin les dunes de sable dans lesquelles nous allons établir notre campement. Nous nous imaginions des dunes à perte de vue alors que celles-ci ne sont concentrées que sur certaines zones, encerclées par ce même paysage aride. Notre chamelier prépare l’espace cuisine du camp pendant que notre conducteur décharge la jeep, arrivée un peu plus tard jusqu’à nous.

Nous en profitons pour aller admirer le magnifique coucher de soleil depuis les dunes, dont le sable est à la fois doux et très fin.

Lorsque la nuit tombe, les insectes commencent à sortir de leur tanière et le sable se recouvre de scarabées. Pendant que notre chamelier nous explique comment cuisiner les chappattis, je découvre qu’un énorme insecte est grimpé sur moi et se déplace dans mon dos très rapidement. Harkha m’en débarrasse sans prendre le temps de nous indiquer de quelle bestiole il s’agit : mais parfois, il vaut mieux ne pas savoir !

Le dîner est un des meilleurs que nous ayons mangés depuis le début de notre voyage et nous découvrons une nouvelle spécialité à base de lentilles : le dalh. Celle-ci est accompagnée de riz, de concombre cru en tranches et de légumes en sauce.

Nous passerons le reste de la nuit à observer les étoiles : la lune étant très brillante, nous voyons très bien autour de nous et n’avons aucun mal à nous déplacer à sa seule lueur. Il n’y a aucun bruit et n’avons qu’à écouter le silence : notre contemplation est seulement dérangée par quelques vaches passant à quelques centimètres de notre lit. Il nous faut attendre une heure et demi du matin et la disparition de la lune pour apercevoir les premières étoiles filantes traverser un ciel empli d’astres…

Jour 3 : jeudi 4 mai 2017

Safari dans le désert

12.2 km

Nous avons peu mais bien dormi : le marchand de sable n’avait que peu de distance à faire à vrai dire, comme s’en amuse Benjamin.

Nous petit-déjeunons avant d’aller observer le lever du soleil. Notre chamelier est quant à lui occupé à essayer de récupérer tous les dromadaires qui pendant la nuit sont restés en liberté : et cela prend tout de même du temps de leur courir après.

Nous n’imaginions pas que ces animaux pouvaient être aussi résistants : tout le camp est ramené sur leur dos au village, même les deux lits judicieusement disposés de chaque côté de Papu !

Ce n’est qu’en remontant à dos de dromadaire que nous sentons des petites courbatures au niveau du fessier et de nos adducteurs : ce n’est pas si confortable que cela finalement, même si nous nous attendions à pire. Au village, nous sommes de nouveau pris en charge par notre conducteur de jeep qui nous ramène à notre hôtel.

Nous avons un sentiment mitigé à propos de ce safari. Oui, c’est un incontournable de Jaisalmer et oui, c’est une expérience incroyable que de dormir à la belle étoile dans le désert [voici notre premier défi réalisé d’ailleurs]. Néanmoins, le prix demandé de 2,100 roupies par personne est excessif par rapport à la prestation fournie.

En effet, la visite des quatre sites ne justifiait pas 500 roupies supplémentaires sur le prix de base du safari. Notre conducteur, peu locace, se servait de notre jeep pour transporter des locaux ne prenant pas part au safari. Notre chamelier, bien que très gentil [mais nous le rappellerons toujours : gentil, ce n’est pas un métier], a passé une grande partie de son temps au téléphone. Quand enfin, il a dénié nous parler, il nous a expliqué sans détour qu’il attendait un pourboire.

Nous recommandons donc fortement ce safari mais pas celui organisé par l’hôtel Shahi Palace qui pourtant jouit d’une bonne réputation sur Tripadvisor : prix plutôt élevé par rapport aux prestations globales, emplacement choisi plutôt sale. Le juste prix eût été aux alentours de 1,750 roupies.

En fin de journée, nous faisons une dernière promenade dans les rues du fort, puis nous décidons de nous enfoncer dans les rues de la « nouvelle » ville. En effet, le fort n’abrite qu’une infime partie de la population que compte Jaisalmer.

Les rues sont plus animées et il est possible d’admirer de magnifiques Havelis. Il s’agit de demeures, maisons de maîtres traditionnelles de l’Inde, dont les façades sont magnifiquement sculptées. Nous y trouvons beaucoup de marchés locaux et y rencontrons de nombreux animaux [surtout des vaches !].

Nous rentrons ensuite tranquillement à notre hôtel, afin de manger un morceau et nous reposer avant le long trajet en bus vers Jodhpur qui nous attend demain.

en un clin d’oeil…

Où dormir ?

SHAHI PALACE

Classé #14/103 sur tripadvisor

10 € la nuit en chambre double avec salle de bain privative. Parfait, mais uniquement pour y dormir !

Commentaire Tripadvisor

Où manger ?

Nous avons dîné au restaurant du Shahi Palace mais nous n’avons pas été convaincus. Malgré sa réputation, la nourriture était plutôt bonne mais le service laissait à désirer. Prix moyen repas avec boissons : 800 INR

Comment s'occuper ?

Visite du Fort
Temples Jains
Safari dans le désert
Bada Bagh
Village de Kuldhara
Les havelis
Le tour des murailles

Combien ça coûte ?

Train Delhi → Jaisalmer : 1,732 INR
Entrée Musée du Fort : 500 INR
Safari dans le désert : 2,100 INR
Prix conseillé safari : 1,750 INR
Bus Jaisalmer → Jodhpur : 450 INR
Eau 1L : 20 INR

By | 2017-06-07T09:02:35+00:00 10 mai 2017|Inde|

2 Comments

  1. Erica 10 mai 2017 at 18 h 58 min - Reply

    Merci.Superbe article.Continuez à nous faire rêver. Ps: 20 minutes de retard….la sncf peut en prendre de la graine …c est le retard sur mon train paris province d hier d’ un trajet de 2h…

    • Ben & Marion 16 mai 2017 at 13 h 16 min - Reply

      Merci Erica ! Si ça peut te rassurer, le train entre Agra et Varanasi a eu…. 2h30 de retard !

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