Kalaw

trek dans la campagne birmane

Jour 1 : jeudi 5 mai 2016

De Bagan à Kalaw

15 km

Il est 6h30 et nous sommes déjà prêts car le bus nous emmenant à Kalaw depuis Bagan vient nous chercher à l’hôtel. En voyant le bus de la compagnie She Man Thu [10,000 kyaths par personne] arriver, nous avons un peu peur jusqu’à ce que le chauffeur nous explique qu’il ne s’agit en réalité que d’un bus de « ramassage » des passagers : nous en prendrons un autre une heure plus tard depuis la gare routière.

Nous n’avons aucun problème à dormir dans le bus : nous ne voyons donc que le lever du soleil sur les pagodes avant d’ouvrir les yeux vers 12h00, au moment de la pause-déjeuner. Nous ne mangeons pas le midi et c’est une très bonne chose ! Prendre un repas avant d’entamer la portion de route sinueuse pour monter à Kalaw est une très mauvaise idée : même les locaux sont malades !

Après six heures et trente minutes de trajet, nous sommes déposés le long de la route en bordure de Kalaw et cela nous convient car nous pouvons nous rendre à pied jusqu’au « Dream Villa Hotel », guest house d’architecture coloniale située à deux pas du centre-ville. A quelques rues de là, nous trouvons la boutique de l’Oncle Sam, famille très connue pour organiser les treks dans la région. Ils proposent d’innombrables treks : nous pouvons choisir le nombre de jours, le nombre de kilomètres, le parcours… Pour rejoindre le Lac Inle, nous choisissons le trajet le plus long de 3J/2N de 64 kilomètres et décidons de partir à deux uniquement pour 60,000 kyaths par personne. Ils nous donnent enfin la liste des recommandations et nous disent « à demain ». Dans ces recommandations, il y a « emporter une casquette », objet que nous n’avons pas emporté. Nous voilà donc à arpenter les étals du marché de Kalaw à la recherche de chapeaux.

Il est très agréable de s’éloigner du centre-ville pour se promener entre les pins. Nous découvrons la pagode « Shwe Oo Min » dont la grotte accueille des milliers de statues de Bouddha. Il y en a dans tous les recoins et il faut se faufiler entre les parois humides et les guirlandes lumineuses afin de pouvoir les admirer.

Pour dîner, nous nous rendons au « 7 Sisters ». Une dame nous accueille en nous expliquant qu’elle a ouvert son restaurant dans cette maison qui était celle de ses parents. De nombreuses photos de sa famille sont accrochées aux murs, des objets et souvenirs servent à décorer cet endroit chaleureux. Y sont servis aussi bien des spécialités birmanes que des plats plus européens et notamment des sandwichs qui sont plutôt bons.

A Kalaw, nous sentons que les températures ont fortement baissées, probablement du fait des 1,300 mètres d’altitude. En sortant du restaurant, je m’étonne d’avoir même presque froid. Nous sommes plutôt satisfaits car moins il fera chaud, mieux cela sera pour marcher le lendemain.

Nous détestons les petites bêtes et c’est une énorme blatte qui a élu domicile dans notre chambre ce soir : la chasse nocturne commence, avant de se coucher et trouver un sommeil des plus réparateurs.

Jour 2 : vendredi 6 mai 2016

1er jour de trek

27.6 km

Vers 8h00, nous sommes devant la boutique de l’Oncle Sam et rencontrons Nambo, jeune birmane de 23 ans vivant dans la région : elle sera notre guide pendant les trois prochains jours.

La première partie de la journée, nous grimpons afin d’atteindre un point de vue sur la région. Nous traversons des forêts de pins dont la douce odeur nous rappelle étrangement le sud-ouest de la France ! Nous arrivons largement en avance dans la famille qui tient un petit restaurant de spécialités népalaises. La vue est splendide et le repas constitué de crêpes, de pommes de terre et de fruits est délicieux. De nombreux groupes nous rejoignent et nous pressons Nambo afin de repartir au plus vite et d’éviter la cohue.

Le parcours de l’après-midi est très agréable : nous apercevons au loin de nombreux villages et admirons la flore de la région. Nous sentons que le paysage est assez aride : c’est la saison sèche et la chaleur sévit depuis déjà plusieurs semaines. Nous sommes entourés de champs à perte de vue : feuilles de thé, ail, gingembre et piments sont cultivés majoritairement.

Nous nous arrêtons dans une petite échoppe pour boire un thé avant de repartir et croiser la voie de chemin de fer que nous remontons sur plusieurs kilomètres. L’espace entre le rail et la végétation est parfois très réduit : heureusement, nous trouvons un renfoncement pour nous y faufiler lorsque le train passe sur la voie. Les voyageurs nous saluent depuis les wagons, nous sommes au bon endroit au bon moment car il n’y a apparemment que deux trains dans la journée qui empruntent cette voie.

A force de suivre la voie ferrée, nous arrivons à la gare où un petit marché de fruits et légumes a lieu. Pour reprendre des forces, nous goûtons des cookies locaux. La dernière partie du trek pour la journée se fait à travers champs où nous croisons des birmans en pleine activité.

C’est à 17h00 que nous arrivons au village de Sethyarkone où nous allons passer la nuit hébergés par une famille du village. N’est présente dans la maison de nos hôtes que la plus grande fille de 17 ans. Ses parents, sa sœur et son petit frère sont absents : au champs ou au village pour faire le plein de provisions. Tout le rez-de-chaussée de la maison sert au travail agricole : de l’ail est entreposé au sol, en cours de séchage. À l’étage, une pièce principale fait office de salon : on y trouve également deux chambres ; une maisonnette adjacente sert de cuisine : une seconde [sans toiture], de salle de bain. Enfin, les toilettes sont au fond du jardin et alimentent directement l’enclos des cochons.

Comme si nous n’avions pas suffisamment marché aujourd’hui, nous en profitons pour faire le tour du village et apercevoir le temple du village en réparation. Après 27,67 kilomètres de marche, la douche, même froide et à la bassine nous fait un bien fou.

Les enfants de la maison ont préparé le dîner et nous les aidons à apporter les plats dans le salon afin de dîner tous ensemble. Cela fait beaucoup rire les trois sœurs que Benjamin les aide : ce n’est apparemment pas courant qu’un homme s’affaire aux tâches ménagères !

La famille possède un système de panneaux solaires qui lui permet d’avoir quelques heures d’électricité à la nuit tombée. Ils en profitent pour regarder une série qui semble s’apparenter aux « Feux de l’Amour » jusqu’à ce que les batteries soient vides. Tant pis pour nous : nous ne verrons pas la fin de l’épisode !

Il est à peine 21h00, mais il est temps de se coucher comme le reste de la famille qui vit au rythme du soleil. C’était sans compter l’intervention d’une énorme araignée grise qui se déplace doucement mais sûrement sur ma couverture alors que je suis déjà couchée. Impossible de s’endormir avec l’insecte dans la même pièce, mais impossible non plus de la chasser car elle s’est glissée dans le tas de couverture que nous sommes censés utiliser cette nuit. Par chance, la maîtresse de maison passe par là et l’attrape tout simplement avec un mouchoir en rigolant. Nous, nous n’avons pas beaucoup ri, ni beaucoup dormi cette nuit-là !

Jour 3 : samedi 7 mai 2016

2ème jour de trek

27.5 km

La nuit n’a pas été très reposante, nous avons beaucoup rêvé de l’araignée de la veille. Bien couverts, il n’a pas non plus fait froid. Après un copieux petit-déjeuner, nous disons au revoir à cette charmante famille et reprenons la route à 7h30. Plus on part tôt et moins il fait chaud !

Le village est situé au cœur de la vallée : nous commençons donc par une belle ascension mais la beauté du paysage fait passer ce premier effort comme une lettre à la poste !

Notre allure étant plutôt bonne, Nambo nous propose de faire un détour et de passer par son village afin de nous montrer sa maison. Toute sa famille est là. Ils cultivent de l’ail et en sont à l’étape de la coupe et du tri. Benjamin met la main à la patte et s’en sort plutôt bien !

Après avoir pris le thé avec son père, nous repartons à travers champs. Grande devise de Benjamin : tout ce qui monte finit par redescendre. Nous entamons donc la descente jusqu’à la route 54 menant à Kalaw : nous nous arrêtons pour déjeuner d’excellentes noodles et beignets aux légumes dans une petite échoppe bordant la route, où tout un tas de produits sont en vente pour approvisionner les autochtones et randonneurs de passage.

Quand nous repartons, le soleil est à son zénith, la température est insupportable surtout que nous empruntons un chemin de terre si sec que la végétation est soit grillée, soit inexistante. La crème solaire n’y fait rien, le soleil nous brûle littéralement la peau et nos réserves d’eau s’amenuisent plus rapidement que prévu ! Nambo nous rassure cependant : nous avons fait un peu plus de la moitié du chemin pour la journée.

Quelques heures plus tard, quel est notre bonheur lorsque nous découvrons un point d’eau nous permettant de nous rafraîchir. C’est impressionnant car à partir de ce moment, le paysage change complètement ! Nous trouvons une végétation dense, des cultures ainsi que des rizières. Il est l’heure pour les buffles de prendre un bain : nous admirons les enfants les conduirent jusqu’à la rivière comme s’il s’agissait de petits animaux dociles.

Le village où nous sommes accueillis par un couple de birmans d’un certain âge s’appelle Pattupauk. Ils possèdent une jolie maison construite en bois mais aussi en brique. D’ailleurs, en nous promenant dans le village, nous sommes étonnés de voir que de nombreuses maisons en briques colorées sont en cours de construction. Elles possèdent même des vitres aux fenêtres, ce qui n’est pas commun dans le coin.

La douche, installée dans le jardin, fût surement le meilleur moment de notre journée. Pendant ce temps, nous pouvons observer notre hôte qui promène son chat en laisse au bout d’une brique. Puis, elle la dépose au milieu du jardin : le chat profite de sa semi-liberté, nous observant avec amusement et curiosité.

Notre guide nous fait manger très tôt ce soir : nous la soupçonnons de vouloir se débarrasser de nous au plus vite. Le repas servi sur la terrasse de la maison est traditionnel et délicieux. Seul bémol : nous sommes attaqués par des bêtes volantes de tous les côtés ! Le ciel est magnifique avec toutes ses étoiles : aucune pollution lumineuse n’est là pour l’altérer ! Et c’est sur cette image que nous filons nous coucher sur un matelas des plus fins : la nuit s’annonçant plus réparatrice que la précédente.

Jour 4 : dimanche 8 mai 2016

3ème jour de trek : arrivée au Lac Inle

19.1 km

La nuit a été fraîche et la finesse du matelas nous laisse quelques courbatures mais le petit-déjeuner constitué de pancakes fait-maison nous revigore. A 7h40, nous sommes déjà repartis à travers les sous-bois puis sur des chemins rocailleux et des chemins de terre rouge.

Nous croisons de gigantesques « Banyan Trees », arbres sacrés qui ne peuvent être coupés et dont la circonférence du tronc et la multiplicité des branches laissent sans voix. Au loin, nous distinguons le lac Inle et nous avons l’impression que celui-ci est encore très loin alors que nous sommes censés arriver en fin de matinée.

En rejoignant la route principale menant au lac, nous entrons sur la zone du lac Inle et devont payer l’entrée : 12,500 kyats par personne. Le ticket doit être conservé sur soi car il peut nous être demandé à tout moment sur la zone environnante. Il est valable durant une semaine.

Plus que quelques kilomètres nous attendent avant l’arrivée située dans un petit restaurant où tous les groupes se retrouvent. Nous reprenons quelques forces : fruits découpés, pâtes et riz sautés constituent notre repas.

Nous repartons sur une voie menant directement au lac : nous finissons par longer un canal sur lequel nous attend un « longboat », long bateau traditionnel et coloré sur lequel sont entreposés des sièges en bois. Nos sacs de voyage nous y attendent et nous embarquons pour rejoindre directement l’hôtel que nous avons réservé. Nous remontons le canal où nous découvrons maisons sur pilotis, marchés flottants et jardins agricoles posés sur l’eau, avant d’arriver à l’embouchure du lac.

Nous sommes tout simplement émerveillés par le paysage qui s’offre à nous car nous ne nous attendions pas à une telle immensité : les montagnes environnantes se reflètent dans les eaux jonchées de végétation de toute part. Nous croisons des pêcheurs ainsi que de nombreux oiseaux.

Après 35 minutes de bateau, nous arrivons finalement à notre hôtel… Suite au prochain article !

En conclusion

Nous sommes fiers et heureux d’avoir réalisé ce défi : arriver au Lac Inle à pied après un peu plus de 74 kilomètres. Au final, ce trek ne présente pas de difficultés majeures en terme de technicité : tout du moins, pour des individus pratiquant régulièrement la marche et en bonne condition physique. Néanmoins, la très forte chaleur du mois de mai a été notre ennemi : il aura fallu transporter plusieurs litres d’eau pour s’hydrater régulièrement.

Nous avons beaucoup apprécié ce trek, bien qu’il faille signaler qu’il s’agisse d’un chemin principal pour se rendre au Lac Inle : donc beaucoup emprunté par de nombreux groupes de touristes. Au mois de mai, nous en avons « seulement » croisé une dizaine : la fréquentation est sûrement exponentielle lors de la pleine saison touristique. Notre guide était assez jeune et nous sentions parfois qu’elle en avait assez. Elle nous laissait souvent seuls dans les familles, sans nous traduire les échanges. Elle était plus souvent derrière Benjamin qui ouvrait la route.

en un clin d’oeil…

Où dormir ?

DREAM VILLA HOTEL

Classé #2/12 sur tripadvisor

28 € la nuit en chambre double avec salle de bain privative et petits-déjeuners inclus. Excellent petit-déjeuner !

Commentaire Tripadvisor

Où manger ?

Manger local ou redécouvrir quelques goûts occidentaux au 7 Sisters. L’atmosphère y est très agréable, entre photos et objets de la propriétaire du lieu. Les sandwichs sont excellents !

Comment s'occuper ?

ORGANISER UN TREK AVEC l’ONCLE SAM
En basse-saison, nous avons organisé ce trek la veille pour le lendemain. Différents parcours flexibles [durée et  distance] avec tarifs dégressifs en fonction du nombre de personnes. Possibilité de rejoindre des groupes déjà constitués. Contact : samtrekking@gmail.com

Combien ça coûte ?

Bus Bagan → Kalaw : 10,000 MMK
Droit d’entrée sur la Lac Inle (valable 1 semaine) : 12,500 MMK
Trek de 3J/2N : 60, 000 MMK tout compris (guide, hébergement, repas, trajet en bateau et envoi du sac jusqu’à l’hôtel au Lac Inle) pour un groupe de deux.
By | 2017-04-18T17:25:26+00:00 15 avril 2017|Myanmar|

2 Comments

  1. Gaelle 3 juillet 2017 at 12 h 48 min - Reply

    Super article, beau récit 😉

    Bon voyage les amoureux.

    • Ben & Marion 3 juillet 2017 at 12 h 59 min - Reply

      Merci beaucoup Gaelle ! Un voyage de prévu pour toi dans les mois à venir ?

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