Préparer son trek dans les Annapurnas

Nous sommes partis 10 jours à la fin du mois de mai 2017 en trek dans les Annapurnas, sans guide ni porteur. Une telle aventure nécessite une certaine organisation lorsque l’on part en indépendant. Nous détaillons donc dans cet article les différentes étapes de la préparation de notre trek, qui nous a conduit de Poon Hill au Camp de base de l’Annapurna.

Nous avions prévu deux jours à Pokhara pour terminer les derniers préparatifs notamment pour la réalisation des permis et les achats d’équipement. Néanmoins, cela faisait déjà plusieurs semaines que nous avions commencé à travailler sur l’itinéraire et le budget.

Circuit initial : Nayapul → Ulleri → Ghorepani → Poon Hill → Tadapani → Chhomrong → Dovan → Deurali → ABC → Bamboo → Jhinu → Pokhara.

Circuit réalisé : Nayapul → Ulleri → Ghorepani → Poon Hill → Tadapani → Chhomrong → Dovan → Deurali → ABC → Chhromrong → Pokhara

Pour découvrir en images et récit le journal de bord de ces 10 jours, c’est par ici !

Faire un trek avec un guide, un porteur ou en indépendant ?

Benjamin a été en contact avec plusieurs guides et les tarifs proposés étaient de 25 à 35 dollars par jour pour le guide [incluant son logement et sa nourriture]. Ils nous ont également proposé un package « all-inclusive » : guide, porteur, logement, permis et trois repas par jour. Nous avons été très surpris par les tarifs annoncés : de 650 à 790 euros par personne pour 7 jours/6 nuits.

Bien sûr, ils nous ont tous affirmé que si nous ne prenions que le service du guide et que nous nous débrouillions seuls pour gérer les autres dépenses, nous n’arriverions pas à faire moins cher ! Comme nous n’aimons pas être pris pour des vaches à lait, nous avons poussé plus loin nos recherches et avons trouvé de nombreux témoignages relatant que les trek du Balcon des Annapurnas et celui du Camp de base étaient ce que l’on appelle « des autoroutes du trek ». Ils ne nécessitent donc pas obligatoirement la présence d’un guide. Pour le porteur, la question ne s’est pas posée puisque nous avons déjà des sacs très légers. Nous avons donc décidé de partir seuls !

Après notre retour, nous sommes finalement ravis de ne pas avoir pris de guide. Il ne nous aurait apporté que très peu de plus-value en termes d’itinéraire car les chemins sont très bien indiqués. Il y avait toujours du monde sur la route, autres trekkeurs ou locaux, pour nous indiquer le chemin. Nous recommandons toutefois de bien préparer l’itinéraire en amont et d’emporter… une carte : un peu ringard pour la nouvelle génération, mais très pratique. Nous recommandons également l’application « Viewranger » qui nous a permis de nous géolocaliser à tout moment !

Obtenir les permis de trek ?

Nous sommes allés à l’ACAP de Pokhara [Annapurna Conservation Area Project] afin d’y réaliser les deux permis nécessaires et obligatoires [ne pensez pas à y couper, il y a des checkpoints en chemin] : la TIMS Card [2,000 roupies par personne] et l’ACAP [2,000 roupies par personne]. Le premier sert à s’enregistrer en tant que trekkeur, et le second donne l’accès à la région des Annapurnas.

En 30 minutes, nos permis étaient prêts et nous avons pu obtenir des réponses à toutes nos questions ! Les employés nous ont répondu avec plaisir et donné de très précieuses informations. Le personnel de notre hôtel avait essayé de nous dissuader de nous occuper seuls de nos permis [« c’est long et fastidieux »] pour nous recommander de passer par un intermédiaire : le processus est en réalité très facile !

Quel itinéraire choisir ?

Il existe de nombreux chemins avec des difficultés différentes. Il est nécessaire de choisir son itinéraire en fonction de sa condition physique. Il est important de prévoir des distances réalisables chaque jour aussi bien en termes de météo que de dénivelé. Un trek n’est pas une course, il n’est pas nécessaire de vouloir battre des records de vitesse. De plus, l’ascension doit être faite progressivement pour éviter le mal des montagnes.

Le Balcon des Annapurnas et le Camp de base ne sont pas des treks très difficiles. Néanmoins, nous ne les recommanderions certainement pas à des débutants : il faut être capable de marcher plusieurs heures avec des dénivelés conséquents. Il faut également avoir une bonne condition physique pour grimper les séries de marches en pierre.

À quelle période partir ?

Nous sommes partis à la fin du mois de mai qui correspond tout juste à la saison de la pré-mousson. La mousson arrive quant à elle à la mi-juin mais le temps peut déjà être incertain en début de mois. Les professionnels et amateurs vous diront que ce n’est pas la bonne période pour partir en trek et nous ne pourrions pas les contredire [les meilleures périodes sont celles de mi-octobre à fin-novembre et le mois d’avril].

Il a fait beau et dégagé le matin mais la pluie, qui n’était jamais loin, tombait entre 12 heures et 15 heures. Nous avons eu beaucoup de chance en passant neuf jours sur dix à travers les gouttes. Pour cela, nous sommes partis tous les matins peu après 7 heures, pour arriver aux alentours de 12 heures dernier délai.

Quel budget pour un trek en indépendant ?

La grande question que nous nous sommes posée avant de partir en trek a été la suivante : quelle somme d’argent devons nous emporter pour subvenir à nos besoins pendant 10 jours ? En effet, il est très important de bien y réfléchir en amont car il n’y a pas de distributeur au Camp de base ! Cela peut paraître évident mais nous avons rencontré un voyageur qui n’avait pas anticipé ce point et n’avait plus que 2,000 roupies dans son portefeuille arrivé à 4,130 mètres d’altitude ! Nous avions donc estimé un budget de 30 euros par jour pour deux personnes incluant le logement, l’eau [eau potable achetée dans les lodges] et nos deux repas par jour.

Dans les lodges, il n’est pas possible de négocier les tarifs des repas car ces derniers sont réglementés. En basse-saison, il est toutefois envisageable de négocier les tarifs des chambres et du Wifi en contrepartie de prendre le dîner et le petit-déjeuner sur place. Si nous avions fait ce trek en haute-saison, il est certain que les coûts auraient été plus importants en termes de logement [nous estimons le budget logement jusqu’à 1,5 fois supérieur en haute-saison]. Dans certains villages, un seul lodge sur l’ensemble était ouvert. Il nous a donc été impossible de négocier la gratuité du logement : le principe même du monopole. A noter également : nous nous sommes déplacés en bus, nous n’avons pas bu de soda, ni d’alcool qui sont susceptibles de faire exploser le budget.

Voici donc finalement notre budget réel pour 10 jours de trek. Nous avons dépensé en moyenne chaque jour  2,583 roupies soit un total de 25,830 roupies pour deux personnes.

Si nous ajoutons à ces 25,830 roupies les dépenses d’équipement, de permis, de transports depuis et vers Pokhara ainsi que les consommables [papier toilette, snacks achetés à Pokhara et emportés avec nous] et les activités [accès à Poon Hill et dégustation de vin local], ce trek nous a coûté 44,075 roupies.

Nous avons rencontré deux voyageurs sud-américains qui ont réussi à dépenser 18 dollars par jour. Pour cela, ils ne consommaient que de l’eau du robinet, prenaient trois repas par jour mais sélectionnaient toujours les plats les moins chers.

Nous avons été très surpris de trouver tout au long du chemin de très nombreux lodges et boutiques pour acheter tout ce dont nous pouvions avoir besoin. Attention toutefois, les denrées sont montées en altitude à dos de mulets ou d’hommes, ce qui entraîne une hausse des prix. Dire que les prix sont beaucoup plus élevés en altitude nous semble ne rien vouloir dire : ainsi, voici un tableau comparatif des différents prix à chacune de nos étapes.

* se compose d’une boisson, toasts, œufs et pommes de terre

Quel équipement ?

Tout dépend de la saison ! Pour notre période de trek, nous avons demandé des conseils à l’ACAP. Il n’est pas censé faire froid même au Camp de base [il a toutefois fait -10°C en pleine nuit], nous avons donc opté pour un pull en laine de merinos, une polaire et un manteau de pluie. Nous avons pris le strict minimum dans notre sac à dos pour ne pas nous charger inutilement et avons laissé un sac à l’hôtel où nous logions à Pokhara. Pensez bien que vous allez devoir porter votre sac plusieurs heures à la suite et ce, pendant plusieurs jours consécutifs : le poids devient vite un ennemi !

Comme nous sommes en voyage pour un an, nous avons décidé de ne pas acheter mais de louer les éléments qui nous manquaient. Sur 10 jours, la location était plus rentable que l’achat et cela nous permettait de ne pas repartir avec pour la suite de notre voyage. De plus, les tarifs de la location sont règlementés donc sans surprise.

Aucune difficulté à trouver tout l’équipement nécessaire à Pokhara : les échoppes bordent toute la rue de Lakeside. Un conseil : éloignez-vous au maximum du centre de la rue principale pour bénéficier des mêmes produits à des tarifs bien plus cohérents. Il ne s’agit pas de payer le moins cher possible, mais de payer le juste prix. Pour exemple : Benjamin devait acheter un pantalon. Le même modèle de la même marque variait de plusieurs centaines de roupies entre une boutique du centre-ville et la boutique « Ganga Purna View Trekking Shop ».

Enfin, nous recommandons vivement l’utilisation de bâtons de marche sur le parcours. Concernant les chaussures nous n’avons eu aucun problème à réaliser ce trek en chaussures de randonée à tiges basses.

Les lodges ?

Il s’agit de la question qui nous taraudait le plus avant notre départ en trek. Nous n’avons eu aucun mal à trouver un hébergement chaque soir : néanmoins, la tâche semble plus ardue en haute-saison. Certains propriétaires nous ont raconté que lorsque les lodges étaient pleins, les trekkeurs devaient dormir dans les pièces communes des lodges. Les premiers arrivés sont les premiers servis. L’embauche d’un guide ou d’un porteur pour s’occuper de la réservation des lodges peut alors s’avérer utile.

Le confort est spartiate mais nous avons toujours eu des chambres et sanitaires propres. Jusqu’à Chhomrong, il est possible de trouver des chambres avec salle de bain privative ; après, ces dernières n’existent plus. Il est courant de payer l’accès à l’eau chaude dans les lodges : comptez environ 150 roupies pour une douche chaude. Autrement, l’eau est glacée. D’ailleurs, à partir de 3,000 mètres d’altitude, très peu de trekkeurs gardent l’habitude de se doucher : les températures sont trop faibles.

Et l’eau dans tout ça ?

Les bouteilles en plastique sont limitées au maximum afin de réduire la pollution. L’idéal est donc d’emporter une gourde afin de pouvoir la remplir. L’ACAP recommande de boire au minimum deux litres de boisson non-alcoolisée afin de prévenir au risque du mal des montagnes.

Il existe donc des stations [SDWS : Safe Drinking Water Stations] où il est possible de remplir ses contenants. Néanmoins, elles n’étaient pas toutes ouvertes lors de notre trek.

Il est possible également d’acheter des litres d’eau bouillie ou de l’eau potable dans les lodges. Pour réduire considérablement les coûts, il est possible de remplir sa gourde sur des points d’eau [robinets, fontaines] puis de traiter le liquide avec des pastilles de sodium [250 roupies la boîte de 50 à Pokhara]. Pour camoufler le goût du sodium, nous avions acheté du Tang : jus d’orange en poudre à mélanger à l’eau.

By | 2017-06-19T12:19:44+00:00 15 juin 2017|Népal|

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